delete
« On ne devra faire aucun mélange entre les textes et les rites des deux missels. »
Un des lecteurs est intervenu sur ce blog pour proposer certains gestes de compréhension qu’ils demandent d’accomplir aux traditionalistes. Cela va d’arrêter de râler à accepter de changer le calendrier liturgique pour être en communion avec le reste de l’Église. L’intention est louable et il est clair que nous avons tous intérêt (spirituellement, s’entend) à arrêter de « râler ». Puissions-nous y parvenir et j’avoue que c’est un long effort de réforme personnel. Sur le plan des dispositions personnelles, il n’y a rien à redire devant ce type de proposition. Mais, concernant la liturgie, on a tendance, si ce lecteur me permet cette remarque, de passer d’un plan à l’autre. L’Église nous donne le missel, les livres liturgiques et le calendrier liturgique de 1962. Elle l’a fait en 1984, 1988 et 2007. Dès l’indult de 1984, le Pape Jean-Paul II stipulait que : « On ne devra faire aucun mélange entre les textes et les rites des deux missels. » C’est un choix de l’autorité romaine et c’est un choix conforme aux règles de la liturgie qui nous sont données par l’Église et que l’on ne fabrique pas soi-même, que l’on soit traditionaliste ou non. Et il est vrai que des prêtres traditionalistes, pas forcément ceux qui célèbrent aussi le nouvel ordo, ont tendance à faire la liturgie à leur sauce. Nous sommes tous atteints des maladies de la modernité qui veut que nous soyons la règle prochaine de la vérité et ici, en l’occurrence, des règles liturgiques. Le premier geste de bonne volonté et de charité que nous avons à accomplir, je crois, est d’accepter ce missel de 1962 que nous donne l’Église. Cela éviterait que chaque célébrant devienne la congrégation du Culte divin a lui tout seul et que les laïcs soient pris, involontairement, en otage. En appliquant ce que demande l’Église, on éviterait peut-être de râler et de se faire la guerre.  Lire plus →
delete
Quand Solesmes s’éveillera…
Dans Présent de demain, Jean Madiran revient une nouvelle fois sur le dernier livre de l’abbé Claude Barthe qui interviendra, sur le même sujet, demain jeudi dans l’émission de Daniel Hamiche sur Radio Courtoisie, à partir de 19h00. Le livre dont il s’agit est La Messe à l’endroit, publié aux éditions de l’Homme Nouveau (9€). On dit que plusieurs évêques ont déjà reçu cet ouvrage et que les réactions sont… diverses. Toujours est-il que cet essai tente de proposer une application concrète de la réforme de la réforme, en profitant de l’espace important ouvert par le Motu Proprio Summorum Pontificum. Comme l’abbé Barthe l’a expliqué dans Monde&Vie, il ne s’agit pas d’aller à l’encontre de la libéralisation de la messe tridentine, mais au contraire de mener de front deux axes qui ne peuvent que renforcer le retour à une saine doctrine de la messe et à une saine liturgie. Loin de penser comme certains que la messe tridentine doit se réformer, l’abbé Barthe propose au contraire des axes de réforme de la messe en forme ordinaire, sans révolution, mais en profitant des libertés qu’elle offre elle-même. Jean Madiran rappelle que la messe à l’endroit, avant d’être un livre de l’abbé Barthe, fut un titre d’article de Paul Claudel du 23 janvier 1955, sous le pontificat de Pie XII.  Derrière l’abbé Barthe, il rappelle également ce point d’histoire, assez important à garder en mémoire pour bien comprendre la méfiance des traditionalistes (enfin de ceux qui n’ont pas la mémoire courte) et la méthode à mettre en œuvre : « Le 25 janvier 1964, Paul VI avait institué un Consilium liturgique dirigé par son secrétaire Bugnini Hannibal, surnommé en souvenir de Heredia « le chef borgne porteur de son ignoble bulle ». Le 24 octobre 1967 Hannibal, maître de Rome, présentait une « messe normative » qui estomaqua pas mal d’évêques mais qui, irrésistiblement, allait devenir deux ans... 
delete
Le groupe épiscopal de pression de Mgr H (2)
Hier, nous avons commencé à présenter le groupe de pression épiscopal de Mgr H qui entend freiner l’émergence d’un épiscopat « Summorum pontificum ». Suite de cette présentation.     A juste titre (même s’il exagère beaucoup le renversement de tendance), Mgr H est obsédé par la question des nominations épiscopales. La véritable scène de psychodrame qu’il a faite, lors du voyage du Pape en France, à l’encontre d’un des membres de la suite du Saint-Père, portait en définitive sur ce thème. Le bruit court donc que, pour faire pièce à l’influence des évêques « romains » et pour pallier la léthargie du cardinal-Président de la Conférence des Evêques, qui ne sait opposer aux noms d’épiscopales qu’avance la nonciature que des candidats « modérés », de préférence curés de Paris, il a rassemblé les évêques genre « Vatican II ne mourra pas ! » en un groupe organisé, sorte de club de réflexion informel d’évêques récemment nommés ou récemment transférés. Si cette rumeur s’avérait fondée, il importerait grandement de savoir et de faire savoir qui fait partie de ce groupe. On peut supputer. Certainement pas Mgr Rouet, prêt à prendre sa retraite, et dont les positions paraissent trop archéo-progressistes à Mgr H. Ni Mgr Dagens, de l’Académie française, qu’il ne peut pas voir en peinture ni en sculpture, même s’il partage pas mal de ses vues et réciproquement. La sympathie ne se commande pas, surtout entre évêques, et H, qui participait il y a quelques semaines aux pourparlers réguliers Eglise-Etat avec le Premier ministre, se juge bien mieux à même de faire prévaloir une « nouvelle laïcité » que son immortel collège, qui l’agace comme il n’est pas permis d’agacer. D’autant que le pauvre évêque d’Angoulême, qui a certes... 
delete
Le groupe épiscopal de pression de Mgr H (1)
  Un observateur hâtif pourrait croire que l’épiscopat français, cinq ans après l’élection de Benoît XVI, est resté identique à ce qu’il était précédemment. Et il en donnera pour preuve l’attitude pour le moins réservée de cet épiscopat par rapport au Motu Proprio Summorum Pontificum. C’est largement une illusion d’optique. Certes, les choses ne changent que très très lentement au sein de ce corps particulièrement conservateur qu’est celui des évêques de notre pays. Corporation forte, gratifiée de pouvoirs bien plus importants qu’elle n’en avait avant le Concile (on ne dira jamais assez que les curés de paroisse sont les grandes victimes du post-Concile qui leur a ôté toute protection canonique en face de leurs évêques), mais groupe corseté par un système conformant qui est, d’un côté, celui de l’appareil de la Conférence des Evêques, et de l’autre, celui des conseils de tous ordres entourant l’évêque de chaque diocèse. Mais si le changement est lent, très lent, il se manifeste pourtant, spécialement sur un point essentiel, celui des nominations épiscopales : si on ajoute aux évêques (timidement) ratzinguériens – on les compte sur les doigts des mains, lesquels sont tout de même dix comme chacun sait – les évêques qui « sentent le vent », on peut dire que l’épiscopat français de 2010 n’est plus exactement celui de 2005. D’autant que la situation comateuse d’un nombre de plus en plus grand de diocèses français plonge NNSS dans une espèce d’état dépressif latent. Vatican II « Printemps de l’Église » est devenu « Boussole pour notre temps », mais en fait tout le monde lorgne vers les canots de sauvetage. L’époque des Gilson est amplement révolue, mais il reste pourtant des évêques franchement et activement idéologues. Le plus intelligent d’entre eux... 
delete
Une boussole, mais pour aller où ?
Sur Le Forum catholique, Ennemond signale le texte publié sur DICI sous le titre « La boussole et l’aimant ». On a toujours intérêt à porter beaucoup d’attention aux propos d’Ennemond dont la proximité avec la Fraternité Saint-Pie X est bien connue. Quand il met en avant un propos, un texte, venant des milieux de la Fraternité Saint-Pie X, Ennemond ne le fait pas au hasard. Le texte « La boussole et l’aimant » nous livre d’abord une information : « Fin août, plusieurs ecclésiastiques, anciens étudiants du professeur Ratzinger, se réuniront à Castel Gandolfo pour se pencher sur l’herméneutique de Vatican II, c’est-à-dire sur l’interprétation qu’on doit donner des textes de ce concile. » À vrai dire, cette réunion dépasse le cadre ecclésial car quelques laïcs participent également à cette rencontre. L’herméneutique de Vatican II est au cœur du pontificat de Benoît XVI qui tente toujours de trouver une via media entre la vision progressiste et la vision traditionaliste. Cette via media est un exercice d’équilibriste, particulièrement difficile et épuisant, mais qui ne repose pas seulement sur la volonté de sauver Vatican II. Chez Benoît XVI, il y a aussi la volonté de sauver un élément traditionnel de la vision catholique, la continuité doctrinale, élément contre lequel butte la lettre et l’esprit de Vatican II. On sait aussi qu’après avoir tenté une autre via media, le futur cardinal Newman entra dans l’Église catholique… Dans le texte publié par DICI, l’annonce d’une réunion autour du Pape d’une réunion consacrée à Vatican II est aussitôt suivie par ce paragraphe : « En mars dernier, les conférences de carême à Notre-Dame de Paris, présentaient Vatican II comme “une boussole pour notre temps” ». C’est au fond la phrase... 
delete
Que se passe-t-il en Suisse vis-à-vis de la messe traditionnelle ?
  Depuis quelques semaines, la Suisse, nation habituellement tranquille, même si le pays a fait énormément couler d’encre avec la votation sur les minarets, semble en proie à quelques convulsions concernant la célébration de la messe traditionnelle. Certes, la présence du séminaire d’Ecône peut expliquer, en partie, le malaise que ressent l’épiscopat de ce pays face à tout ce qui ressemble au monde traditionaliste. Le départ du chanoine Escher de l’abbaye Saint-Maurice a un peu plus traumatisé l’Église locale. Son évêque-abbé, Mgr Roduit s’en est expliqué au long d’un entretien accordé à Canal/Kanal 9. Lors de cet entretien, qui part de l’affirmation faite par le chanoine Escher à notre blog – dont le nom n’est pas cité – Mgr Roduit nie que le départ du chanoine trouve son origine dans l’application du Motu Proprio. Pour lui, jamais ce sujet n’a été discuté auparavant au sein de l’abbaye. Mais n’est-ce pas justement le nœud du problème ? Il ne s’arrête pas non plus aux raisons doctrinales qui ont poussé le chanoine Escher à ce départ. C’est en fait une séance d’autojustification et de lieux communs sur la Tradition, Vatican II, le Pape, la Fraternité Saint-Pie X, etc. On attend vraiment de ce pauvre évêque qu’il prenne les problèmes à la racine. Opération impossible, semble-t-il ! Pour voir cet entretien, il suffit d’aller ICI. La presse suisse s’est faite également l’écho du refus de messe d’inhumation pour un catholique, sous prétexte qu’il était un fidèle d’Ecône. Selon le curé, qui a décidé de ne pas prêter son église pour la messe d’inhumation, l’autorité diocésaine de Sion  a émise cet interdit. Trois ans après le motu proprio Summorum Pontificum, après la levée des excommunications des évêques de la Fraternité Saint-Pie X et des discussions doctrinales... 
delete
Mgr Filoni contre la liturgie ?
Golias, par l’intermédiaire de son analyste romain, Romano Libero, a consacré un article au fait que le pape Benoît XVI célébrerait parfois sa messe privée selon l’ancien rite. Le Pape s’appliquerait ainsi, en quelque sorte, le motu proprio Summorum Pontificum. L’analyste de Golias en tire plusieurs observations :   « 1. Une confirmation définitive de la sensibilité traditionaliste de l’homme Joseph Ratzinger en liturgie qui n’étonnerait personne. 2. La reconnaissance des limites que s’impose le Pape à lui-même, car il n’est pas suivi par la majorité de l’épisscopat ni par une partie de sa propre curie à Rome. 3. Le renforcement de la thèse sinon d’un retour à l’ancienne liturgie, impensable de façon globale, du moins d’un biritualisme encouragé et renforcé dans la perspective d’une « réforme de la réforme » plus « traditionnelle ».   Mais le plus intéressant n’est certainement pas là. Romano Libero confirme ce que nous avons dit à plusieurs reprises. Outre les épiscopats, l’opposition au motu proprio se trouve au sein même de la curie et singulièrement de la Secrétairerie d’État. Parmi ces adversaires du Pape, Romano Libero avance le nom de Mgr Fernando Filoni, un nom peu connu du grand public, mais qui en tant que Substitut occupe un poste essentiel et exerce une influence profonde. Ancien nonce en Irak, Mgr Filoni est la vraie pièce maîtresse qui vise à ralentir l’avancée de la réforme bénédictine, notamment au plan liturgique mais également au niveau des nominations. On raconte qu’il a obtenu la tête d’un des secrétaires du cardinal Bertone, un Français trop soucieux d’être fidèle au pape. Rumeur ou fait vérédique ? Il est toujours difficile de savoir ce qu’il en est à Rome, la vérité étant certainement entre les... 
delete
Le thermomètre liturgique ou le Pape n’est pas la reine d’Angleterre ou il faut libérer les évêques
Dans son numéro de mai, Inside the Vatican revient sur la question de la liturgie et de la place de la forme traditionnelle du rite latin par rapport à la nouvelle messe. Dans son article Robert Moynihan cite un membre de la curie qui lui aurait déclaré « l’ancien rite est notre passé et ce sera aussi notre futur. La nouvelle messe est entrain d’être dépassé. Dans 50 ans, ce sera absolument évident ». Malgré une opposition réelle au sein de la Secrétairerie d’État, il est vrai que de plus en plus de prélats et de membres de la curie se montrent favorables à la célébration de l’usus antiquior et entendent promouvoir un retour à la liturgie traditionnelle. Pour autant les pressions sont nombreuses, les pièges « à la romaine » se multiplient, et l’ensemble du personnel ne marche pas d’un seul pas dans les vues du pape. C’est pourquoi on peut se demander ce que vaut un tel propos, anonyme qui plus est ? S’il ne faut en pas en exagérer la portée, il est certain qu’il a la valeur d’un thermomètre. Il ne donne pas plus la maladie qu’il offre la guérison. Il révèle l’état de la question, la température atteinte à un moment donné. Encore faut-il savoir l’interpréter ? L’une de ces interprétations, a minima, dirions-nous, c’est que la question liturgique a pris définitivement ses quartiers à Rome. Non seulement à la Congrégation du Culte divin, dont c’est le métier, mais aussi dans les esprits, les pensées, les réflexions, les habitudes et la pratique de la jeune génération des membres de la curie et chez certains prélats occupant des postes importants. Il y a à Rome un effet Motu Proprio qui n’existe pas encore en France. Non pas seulement dans le sens des autorisations à célébrer la messe – doit-on autoriser ce qui n’a jamais été interdit, comme le souligne dans sa lettre aux... 
delete
À lire sur le Forum Catholique
A côté du Forum catholique, ce modeste blog n’est pas grand chose. Ni en terme de fréquentation, ni, bien sûr, en terme d’informations. Si par hasard, vous n’avez pas encore regardé le Forum aujourd’hui, je voudrais signaler deux interventions de liseurs, pour reprendre la terminologie en vigueur sur le Forum. On me pardonnera, j’espère, de signaler celles qui sont en lien avec des post récents de ce blog.   1°) La première de ces interventions concerne mon post de ce matin. Sous le titre « Les conciliaires ont perdu la guerre, mais les tradis ne l’ont pas gagnée… » michelRBL signale les réactions à mes interventions sur l’affaire Escher. Je partage tout à fait son point de vue quand ce liseur écrit : « il est particulièrement important qu’au moment où les progressistes se délitent et se sclérosent, les non-conciliaires, quant à eux, continuent, toutes tendances confondues, à s’adapter à des situations nouvelles, à cesser de tirer sur les amis même si ces amis vous agacent, à faire des analyses renouvelées, à laisser tomber tout esprit de chapelles et sous-chapelles, à profiter de tout événement favorable. Et par dessus tout, à être d’abord d’Eglise. Je dis bien à continuer, car les troupes traditionnelles ont fait des progrès. Et ce Forum catholique, n’en déplaise aux grincheux, a une évidente capacité pédagogique. » Quand on voit certains sites progressistes reprendrent nos informations, il est clair que nous avons une longueur d’avance. Malgré certaines interventions (voir ci-dessous) pour le moins étonnantes, j’estime pour ma part que la Forum Catholique est d’une grande utilité, avis d’ailleurs partagé à Rome où plusieurs membres de la Curie passent du temps à prendre la température sur le Forum.   2°) La seconde... 
delete
Toujours l’affaire Escher : pour qui marche SPO ?
    La publication de plusieurs post sur l’affaire Escher, du nom de ce religieux de l’Abbaye Saint-Maurice, en Suisse, qui a rejoint la Fraternité Saint-Pie X, m’a valu plusieurs réactions de lecteurs. À mon grand étonnement, ces réactions furent principalement négatives. Plusieurs lecteurs se sont désabonnés des « alertes » concernant ce blog, estimant que mon premier article sur le sujet était « scandaleux ». Pourquoi « scandaleux » ? Avant de répondre, il faut signaler cet apparent paradoxe : ces lecteurs se sentent proches de la Fraternité Saint-Pie X. Ils auraient donc dû se réjouir de cette information, dont DICI, à ma connaissance, n’a toujours rien dit, même si un texte est en préparation. Seulement, dans ce premier article, j’indiquais que si le chanoine Escher avait rejoint la Fraternité Saint-Pie X, il arrivait que des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X quittent celle-ci pour rejoindre les diocèses. Et, étrangement, il s’avérait que beaucoup se mettaient alors à célébrer la messe de Paul VI. C’était  anecdotique  au regard de l’information livrée, mais cela a entraîné des réactions étonnantes. Autre son de cloche sur le sujet : mon analyse a été contestée parce que je pointais du doigt les errances liturgiques, sans mettre en avant les causes doctrinales du départ du chanoine Escher. Ce type d’analyse, me dit un correspondant, est la preuve que vous marchez pour Ecclesia Dei ! Sous-entendu : vous êtes contre la Fraternité Saint-Pie X et vous ignorez donc les vrais problèmes. Je ferai donc remarquer que j’ai été prudent dans l’affaire Escher. J’ai posé des questions, ne sachant pas exactement les motifs du départ du chanoine Escher. Suite à ces questions, celui-ci m’a envoyé quelques indications... 

« Précédent Suivant »