Sur l’Herméneutique de tradition (II)
L'abbé Claude Barthe Avec l’aimable autorisation de Muller Éditions, nous publions, comme je l’avais annoncé, des bonnes feuilles du Carnet de la collection « Hora Decima », Pour une herméneutique de tradition. A propos de l’ecclésiologie de Vatican II, de l’abbé Claude Barthe, à paraître en octobre 2011.  Par l’abbé Claude Barthe : Introduction : l’essoufflement d’une idéologie […] Dans la mesure où Vatican II s’est abstenu d’enseigner de manière absolue, un raz-de-marée dévastateur a recouvert tout le magistère antérieur et postérieur, comme si l’enseignement le plus élevé dans l’Église (c’est-à-dire l’enseignement infaillible sous sa forme de magistère solennel ou bien l’enseignement infaillible sous sa forme de magistère ordinaire et universel) avait cessé d’exister. On pense à la grande querelle autour d’Humanæ vitæ, qui a donné lieu à une montagne de livres, thèses, articles à propos de l’autorité (plus exactement pour démontrer l’absence d’autorité) du magistère suprême. Cette production, dont le point d’orgue est en France le livre de Jean-François Chiron, L’infaillibilité et son objet (Cerf, 1999), remet pratiquement en question toute l’autorité du magistère suprême de l’Église. Et dans le même temps, l’autorité absolue que Vatican II s’est refusé à revendiquer, s’est transmuée en une autorité bien plus absolue qu’une autorité dogmatique. Il y a d’ailleurs un parallèle frappant avec la liturgie : la nouvelle messe a-rituelle et a-normative est devenue comme par enchantement au maximum obligatoire. Dans le flou et le vague les plus complets, « l’esprit du Concile » en matière doctrinale et en matière liturgique a pris valeur de magistère absolu. Il faudrait « avoir l’esprit du Concile », bien au-delà de sa lettre, c’est-à-dire bien au-delà de ses textes proprement dits. De même, on s’en souvient, jusqu’au... 
Réunion des responsables de la Fraternité Saint-Pie X
Pour donner suite à l’entretien de Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, avec le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, les responsables de la Fraternité Saint-Pie X se réuniront autour de leur supérieur les 7 et 8 octobre à Albano, en Italie. Le 7 octobre est la fête du Très Saint Rosaire, instituée en souvenir de la victoire de Lépante. Le but de cette réunion à huis-clos est de discuter du Préambule doctrinal, remis par le cardinal Levada à Mgr Fellay, afin d’apporter la réponse de la Fraternité Saint-Pie X. C’est DICI qui a publié le communiqué annonçant cette rencontre : Comme il l’avait annoncé dans l’entretien accordé à DICI le 14 septembre 2011, à l’issue de sa rencontre avec le cardinal William Levada, Mgr Bernard Fellay consultera les responsables de la Fraternité Saint-Pie X sur le Préambule doctrinal que lui a remis le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X se réuniront à huis-clos à la Maison du district d’Italie, à Albano, les 7 et 8 octobre 2011. (DICI du 23/09/11)  Lire plus →
Sur l’Herméneutique de tradition (I)
L’abbé Claude Barthe étant sur le point de publier un Carnet de la collection « Hora Decima », chez Muller Éditions, Pour une herméneutique de tradition. A propos de l’ecclésiologie de Vatican II, il nous a paru intéressant d’en publier quelques bonnes feuilles, dans la mesure où son sujet touche directement au débat que fait actuellement gonfler l’engagement du processus de réintégration canonique de la FSSPX. L’objet de ce petit ouvrage vise en effet le discours bien connu de Benoît XVI à la Curie romaine du 22 décembre 2005, par lequel il valorisait, comme on le sait, une « herméneutique de continuité » (pour faire bref : la sienne, celle du P. de Lubac, du P. Daniélou, etc.) contre une « herméneutique de rupture » (celle de Hans Küng, de Karl Rahner, du P. Congar, etc.) L’objet du livret se résume en ceci : « Le Pape n’a nullement exclu d’autres interprétations, notamment celle, proche à certains égards et cependant très distincte, de l’ »herméneutique de continuité », que l’on pourrait qualifier d’ »herméneutique de tradition », qui fut représentée au Concile par le cardinal Ottaviani, le cardinal Siri, Mgr Lefebvre, Mgr Carli, etc. Les successeurs intellectuels de la minorité conciliaire ont donc, eux aussi, le droit d’en interpréter les textes, et ce d’autant plus qu’ils s’adossent à la tradition bimillénaire du magistère ». Avant de donner prochainement des bonnes feuilles de ce Carnet, nous avons d’abord demandé à l’abbé Barthe de nous préciser le pourquoi cette publication maintenant. [SPO]. par l’abbé Claude Barthe : Pour des raisons diverses, la publication de ce Carnet a un peu tardé. Du coup, le débat, comme on dit, auquel elle fait référence, s’est considérablement amplifié ces derniers temps. On peut même parler de véritable glissement de terrain dans le post-Concile, qui a commencé depuis le début... 
Un nouveau colloque sur Summorum Pontificum
Sur son blog Americatho, Daniel Hamiche a publié une information concernant un colloque sur Summorum Pontificum qui se tiendra dans le Connecticut vendredi et samedi prochain (23 et 24 septembre 2011). Ce colloque est organisé par la Society of St. Hugh of Cluny, une association de laïcs qui a vu le jour peu de temps après la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Sur le thème « For the Whole Church : Looking Forward with Summorum Pontificum » (pour toute l’Église : envisager l’avenir avec Summorum Pontificum), plusieurs personnalités prendront la parole dont le professeur Luc Perrin, de l’Université de Strasbourg (« Le traditionalisme catholique du point de vue français »), Monseigneur Ignacio Barreiro Carámbula, directeur du bureau de Rome de Human Life International (« Un commentaire de l’instruction Universæ Ecclesiæ sur la lettre apostolique Summorum Pontificum ») et le journaliste allemand Lorenz Jäger, du quotidien Frankfurter Allegemeine Zeitung, lira des extraits de ses chroniques Exerzitien (exercices spirituels) parues dans ce grand quotidien allemand. Le vendredi, les Vêpres traditionnelles seront célébrées, et le samedi, l’abbé Richard Cipolla, aumônier de la Society of St. Hugh of Cluny, célébrera la messe selon sa forme traditionnelle en l’église St. Mary de Norwalk. On le voit, même si ce colloque se situe aux Etats-Unis, il donne une grande importance à la situation internationale faite à l’application du motu proprio Summorum Pontificum. On trouvera également sur le blog Americatho des photographies de la venue du cardinal Burke à l’abbaye de Fontgombault en août dernier (ici) ainsi qu’une présentation (là) du nouvel évêque de Manchester (New Hampshire) dont Daniel Hamiche nous apprend qu’il est bi-ritualiste puisqu’il célèbre selon la forme ordinaire du rite romain et… en rite byzantin. Puisque cet évêque appartient à l’Église... 
Une commission mixte pour le missel traditionnel
Sur Chiesa, le blog de Sandro Magister, on peut lire un article intéressant. L’article en question n’est pas signé. À la place, trois ***, indiquent que l’auteur de ces lignes entend rester anonyme et discret quant à son identité. En voyant le titre de l’article, « Journal du Vatican / L’aumône du pape et autres curiosités », on se demande bien pourquoi. En lisant l’introduction, on continue de se poser la question : « Un montant de près d’un million d’euros provenant des ventes de bénédictions pontificales en 2010 a été versé à 7 000 familles dans le besoin. 135 autres millions ont été distribués par la Propagation de la Foi pour aider les terres de mission. De plus on a su… » La question demeure en lisant le premier et le second pragraphe : “L’activité du Saint-Siège” est un épais volume qui présente, année après année, le compte-rendu des activités du pape et de la curie romaine. C’est une “publication non officielle”, comme il est spécifié sur le frontispice, mais cela ne l’empêche pas de contenir un bon nombre d’informations, parfois surprenantes, que l’on ne peut pas trouver dans d’autres sources vaticanes. Pour le vérifier, il suffit de feuilleter la dernière édition, relative aux activités de 2010, qui vient d’être imprimée par la Libreria Editrice Vaticana (1 343 pages, 80,00 euros). À vrai dire, il n’y a pas de réponse à cette question sur la raison d’une suprême discrétion de l’auteur de l’article. Mais tous ceux qui s’intéressent aux questions de l’application du motu proprio Summorum Pontificum y trouveront une information intéressante qui montre, à sa manière, que la liturgie traditionnelle est bien revenue dans l’Église puisqu’on a décidé de continuer à la faire vivre, selon un développement organique et homogène, sans révolution comme ce fut le cas autrefois. Cette information est la suivante : qu’une commission mixte... 
Retour à l’essentiel : le sens des vœux religieux
En ce dimanche, je vous propose de sortir un peu de l’actualité et d’écouter ce passage où un moine de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux évoque la vie religieuse et les trois vœux (pauvreté, chasteté et obéissance) par lesquels le moine entreprend la conversion de sa vie.  Lire plus →
Une question de vocabulaire comme au temps de Soljénistyne
Dans son dernier livre paru Agent de Soljénistyne (Fayard), Claude Durand, qui fut longtemps le patron de cette maison d’édition, raconte les plaintes du dissident russe quand des traducteurs mal avisés lui faisaient dire ou écrire « soviétique » à la place de « russe » ou « russe » à la place de « soviétique ». Claude Durand cite notamment cette réaction énervée de l’écrivain : Ça fait des années et des années que j’ai commencé à me démener pour expliquer à l’Occident la différence entre Russie et URSS, et j’estime qu’un éditeur qui me publie devrait respecter cette distinction, du moins quand il s’agit de mes œuvres ! On le sait depuis longtemps : le vocabulaire n’est pas neutre. Très souvent – trop souvent – il devient une arme par destination, même s’il est entré avec une aisance plus que suspecte dans l’imaginaire de nos concitoyens. Il en est ainsi du mot « intégriste » ou de son pendant « intégrisme » que l’on a vu refleurir, comme par hasard, ces derniers jours. Dans une certaine presse, on se plait à entretenir la peur et la confusion, premier barrage pour empêcher la réflexion sur un sujet. Ainsi, ce seraient des intégristes ou le chef des intégristes ou les représentants de l’intégrisme que le cardinal Levada aurait reçu le 14 septembre. Et, ce sont ces affreux « intégristes » qui devraient maintenant accepter intégralement, en bloc, et sans rien dire, le Concile Vatican II, sans quoi, aucune réconciliation ne serait possible, comme le dit un « préambule » que l’on admet par ailleurs être « confidentiel »,  grâce à Mgr Fellay qui a eu l’intelligence de le signaler dans son entretien à DICI. Oui, les mots ne sont pas neutres, mais on s’étonne toujours que Radio Vatican, par exemple, donne la parole à ceux qui les utilisent ou qui ont la mauvaise manie de se moquer des cardinaux… D’autant que l’on semble dire que les « intégristes »... 
Le pèlerinage de la Fraternité Saint-Pierre à Ars (en vidéo)
J’ai annoncé en son temps le pèlerinage du district de France de la Fraternité Saint-Pierre à Ars les samedi et dimanche 11 septembre dernier. En voici quelques aperçus vidéos. La messe du samedi avec les séminaristes FSSP – Ars 2011 Messe du samedi 10 septembre… par Pasapas Le chapelet FSSP – Ars 2011 Chapelet vers le monument de la… par Pasapas Les Vêpres du samedi FSSP – Ars 2011 Vêpres du samedi 10 septembre… par Pasapas La messe de clôture du dimanche FSSP – Ars 2011 Messe de cloture du pèlerinage… par Pasapas  Lire plus →
Exclusif : l’analyse de l’abbé Barthe sur la rencontre entre le cardinal Levada et Mgr Fellay
Nous avons demandé à l’abbé Claude Barthe, observateur attentif de la vie de l’Église et excellent connaisseur du dossier, son avis sur le communiqué publié par la Salle de presse du Saint-Siège au sujet de l’entretien de ce matin entre le cardinal Levada et Mgr Fellay. L’abbé Barthe nous a livrés le texte qu’on lira ci-dessous. On se reportera également au texte du communiqué du Saint-Siège (ICI) en attendant l’entretien avec Mgr Fellay que doit publier DICI. Mgr Fellay et l’avenir du post-Concile : la légitimité de la critique de Vatican II Par l’abbé Claude Barthe La régularisation canonique de la FSSPX est donc désormais, théoriquement « sur les rails ». Cette nouvelle qu’une reconnaissance juridique est à portée de main réjouit grandement. On souhaite vivement qu’elle se concrétise, car elle sera très profitable à l’Église dans le contexte présent. Une tentative d’interprétation Le « préambule doctrinal » qu’il est demandé à Mgr Fellay de préalablement valider n’est, en effet, qu’une tentative d’interprétation, qui laisse elle-même une large marge d’interprétation. Les mots du communique de la Salle de Presse vaticane sont au reste très pesés : le préambule conditionne non pas « la pleine communion », mais seulement, « la pleine réconciliation », pour résorber « une fracture » et non « un schisme ». Il n’est nullement une « formule d’adhésion ». Il renforce singulièrement la jurisprudence désormais établie depuis 1988, sous des formulations diverses en précisant pour l’ensemble de la FSSPX que sont laissées « à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ». Pour le dire clairement : un droit à la discussion est obtenu par la FSSPX. « Ce qui signifie en clair, dit Jean-Marie Guénois dans Le Figaro,... 
Communiqué de la Salle de Presse du Vatican sur la rencontre avec Mgr Fellay
Le 14 septembre 2011, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a eu lieu une rencontre de Son Éminence Révérendissime le Cardinal William Levada, Préfet de cette Congrégation et Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Son Excellence Monseigneur Luis Ladaria, s.j., Secrétaire de cette Congrégation, et Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, avec Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, et Messieurs les Abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély, Assistants généraux de la Fraternité. À la suite de la supplique adressée le 15 décembre 2008 par le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le Saint-Père avait pris la décision de lever l’excommunication des quatre évêques consacrés par Monseigneur Marcel Lefebvre et d’ouvrir en même temps des colloques doctrinaux avec la Fraternité, afin de surmonter les difficultés et les problèmes d’ordre doctrinal, et de parvenir à la réduction de la fracture existante. Obéissant à la volonté du Saint-Père, une commission mixte d’études, composée d’experts de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et d’experts de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s’est réunie à huit reprises pour des rencontres qui ont eu lieu à Rome entre le mois d’octobre 2009 et le mois d’avril 2011. Ces colloques, dont l’objectif était d’exposer et d’approfondir les difficultés doctrinales majeures sur des thèmes controversés, ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations. Compte tenu des préoccupations et des instances présentées par la Fraternité sacerdotale saint Pie X à propos du respect de l’intégrité de la foi catholique face à l’herméneutique de la rupture du Concile Vatican II à l’égard de la Tradition – herméneutique mentionnée... 

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