Posté par summorum-pontificum dans Questions et analyses le 31/07/10 | Pas de Commentaire
Un observateur hâtif pourrait croire que l’épiscopat français, cinq ans après l’élection de Benoît XVI, est resté identique à ce qu’il était précédemment. Et
il en donnera pour preuve l’attitude pour le moins réservée de cet épiscopat par rapport au Motu Proprio Summorum Pontificum.
C’est largement une illusion d’optique. Certes, les choses ne changent que très très lentement au sein de ce corps particulièrement conservateur qu’est celui des
évêques de notre pays. Corporation forte, gratifiée de pouvoirs bien plus importants qu’elle n’en avait avant le Concile (on ne dira jamais assez que les curés de paroisse sont les grandes
victimes du post-Concile qui leur a ôté toute protection canonique en face de leurs évêques), mais groupe corseté par un système conformant qui est, d’un côté, celui de l’appareil de la
Conférence des Evêques, et de l’autre, celui des conseils de tous ordres entourant l’évêque de chaque diocèse.
Mais si le changement est lent, très lent, il se manifeste pourtant, spécialement sur un point essentiel, celui des nominations épiscopales : si on ajoute aux
évêques (timidement) ratzinguériens – on les compte sur les doigts des mains, lesquels sont tout de même dix comme chacun sait – les évêques qui « sentent le vent », on peut dire que
l’épiscopat français de 2010 n’est plus exactement celui de 2005. D’autant que la situation comateuse d’un nombre de plus en plus grand de diocèses français plonge NNSS dans une espèce d’état
dépressif latent. Vatican II « Printemps de l’Église » est devenu « Boussole pour notre temps », mais en fait tout le monde lorgne vers les canots de sauvetage.
L’époque des Gilson est amplement révolue, mais il reste pourtant des évêques franchement et activement idéologues. Le plus intelligent d’entre eux...



