Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 06:00
 

Excellente indication de l’abbé Claude Barthe sur le Forum catholique (ICI) Il y indique la réalisation à la demande de la Congrégation pour le clergé de trois vidéos sur le sacerdoce, d’esprit traditionnel à défaut d’être traditionaliste. L’abbé Barthe souligne : « il faut savoir qu'elle fait un tabac dans les séminaires diocésains français, avec les pour, les contre, interpellant, comme on dit, même les corps professoraux les plus classiques. Car ce n'est pas un film tradi : il faut absolument la voir pour comprendre l'inversion de tendance chez une partie des futurs prêtres de France :

- le thème: très belle médiation sur la spiritualité sacerdotale, avec insistance sur l'importance du sacrifice de la messe, de l'adoration eucharistique, du ministère de la confession, de l'habit ecclésiastique, etc.

- les intervenants : le cardinal Cañizares, Mgr Piacenza, le cardinal Herranz, Mgr Blot, Mgr Alimandi, le P. Zielinksi, le cardinal Humes, Mgr Marini, etc. »

Voici donc ces trois vidéos :

 

 

 







 

Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Informations
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 06:20

 

Ce dimanche 7 mars, le journal La Croix, quotidien officiellement officieux ou officieusement officiel de l’épiscopat français, vient de consacrer un article de « philologie » à la mouvance traditionnelle, sous la signature de l’inénarrable Isabelle de Gaulmyn.

Je me propose de publier d’abord un passage de cet article (précédé d’une lettre) suivi de mes commentaires (précédés de chiffres).

 

A]

« Intégristes ou traditionalistes? De plus en plus de lecteurs reprochent  à La Croix la terminologie par laquelle nous classons les catholiques se réclamant de la fraternité saint Pie X, celle fondée par Mgr Lefebvre. C’est qu’autrefois, les choses étaient relativement claires: il y avait deux sortes de fidèles attachés au rite ancien (préconciliaire): les catholiques qui se situaient dans l’Eglise, et que l’on nommait les « traditionalistes ». Et les catholiques se proclamant hors Eglise, schismatiques, dont les membres de la fraternité saint Pie X,  eux aussi attachés au rite ancien, que l’on désignait donc sous le terme d’ « intégristes »… »

 

1°) Ils doivent être nombreux ces lecteurs pour que La Croix se décident ouvertement à les prendre en compte. C’est un fait, un fait positif. L’action auprès des autorités et de la presse, fonctionne dès lors que la mobilisation est importante et constante. Cela doit être le cas.

2°) « autrefois, les choses étaient relativement claires » (comme au temps du Mur de Berlin ?). Claires, pour qui ? Pas si claires, en fait, puisque sur cet autrefois, la journaliste dit aujourd’hui n’importe quoi. Quoi que l’on pense de la Fraternité Saint-Pie X, ou pour être plus exact, quoi qu’en pense Isabelle de G., la Fraternité Saint-Pie X ne s’est jamais « proclamée » en dehors de l’Église, ni de ce fait, schismatique. Elle a toujours refusé et elle refuse toujours cette présentation ainsi que le terme intégriste qui lui est attribué pour désigner ses prêtres et ses fidèles.

3°) Toujours sur l’autrefois, on conseillera à Isabelle de G. – il n’est jamais trop tard pour bien faire – de lire, par exemple, Intégrisme, histoire d’une histoire de Jean Madiran. Pour la (petite) histoire, le livre date de 1964…

4°) Le rite ancien n’est pas seulement le rite préconciliaire et il n’est pas d’abord ancien : il est traditionnel. Il n’est pas seulement préconciliaire (même s’il le fut) : il est aujourd’hui l’une des deux formes du rite romain.

 

B]

« Désormais, c’est beaucoup plus compliqué… Certes, Benoît XVI, en libéralisant le rite ancien, ou préconciliaire, (la messe en latin) a contribué à brouiller les cartes. Mais ce sont surtout les comportements de ces catholiques-là qui ont changé. Certains vont se dire de l’Eglise catholique, donc fidèles au pape, mais refuser d’obéir aux évêques. D’autres se proclament hors de l’Eglise telle qu’elle est, tout en se reconnaissant proches de tel évêque, pourtant nommé par le pape. Et entre ces deux, tous les cas de figures sont possibles : participer de temps en temps à une célébration de la fraternité Saint Pie X, et en même temps pratiquer dans sa paroisse « classique », n’aller qu’à des messes en rite ancien tout en proclamant sa fidélité à Rome, et souvent, un peu de tout cela à la fois… Bref, il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la fraternité saint Pie X d’«intégristes ». Terme qui en plus sous-entend une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas… »

 

1°) Admirable exercice de style. Comment faire des reproches au Pape sans en avoir l’air. Le très embêtant Benoît XVI a compliqué une situation qui était très simple (même si elle était fausse et injuste). Il a brouillé les cartes, expression qui laisse entendre qu’il avait peut-être des intentions pas très…catholiques. De qui parle ensuite Isabelle de G. ? Les cas de figure qu’elles évoquent se retrouvent peu ou prou partout dans l’Église. Tel qui refuse d’obéir au pape mais à tel évêque. Tel qui refuse d’obéir à toute autorité sauf à sa perception des choses (très très répandu) ; tel qui va dans sa paroisse ou qui ne va pas du tout à la messe ou qui va chez le Pasteur ou qui se contente de la messe à la TV sans être malade. Etc. Comment faut-il les appeler ? Des intégristes, eux aussi ?

2°) Notons quand même une reconnaissance : le terme intégriste « sous-entend une forme de violence » que de fait la Fraternité Saint-Pie X n’a pas. Même à La Croix, les choses évoluent.

 

 

C]

« Preuve que, même lorsque l’on se dit attaché à « la tradition », on n’échappe pas à son époque. Car ces catholiques-là ne sont pas plus à l’abri que d’autres de comportements individualistes, typiques de notre post modernité : chacun choisit ses propres modalités de pratiques et d’appartenance,  revendiquant le droit de piocher ça et là, et surtout, sans vouloir se faire étiqueter dans un camp plus que dans l’autre, ni sans se mettre sous une hiérarchie plus qu’une autre…  Intégristes ou traditionalistes? En tous les cas, postmodernes… »

 

1°) Belle reconnaissance sans en avoir l’air. Nous sommes bien d’accord que nous sommes contaminés par la modernité et ses avatars. Comme les autres, qui ne le savent pas plus souvent que les fidèles attachés à la Tradition. Seulement, ces derniers prennent conscience que pour se soigner il vaut mieux recourir à la messe traditionnelle et aux sacrements plutôt que d’aller courir la dernière des nouveautés, en se pensant en pleine forme. La différence, c’est que les fidèles attachés à la Tradition pensent que ce bricolage religieux n’est pas un bien, favorisé qu'il est par un relativisme dont certains trouvent les racines dans des textes équivoques de… Vatican II. 

Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Enquête et analyse
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 08:21

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Golias vient de se jeter sur les déclarations du pauvre abbé de Cacqueray comme un volatile de mauvaise vie sur une proie qui servira de leurre pour en piéger une autre. Dans un texte publié ce samedi 6 mars, Golias attire l’attention de ses lecteurs sur le communiqué de l’abbé de Cacqueray concernant l’attitude de certains évêques français. Sur un long communiqué, Golias n’en retient qu’une partie, mais la plus utile à sa cause, à laquelle collabore bien involontairement (on ose au moins l’espérer) la Fraternité Saint-Pie X. Ce passage le voici :  « L’actualité récente s’avère particulièrement inquiétante. Délaissant leur rôle de « surveillant », de gardien de la Foi, de successeur des Apôtres et des martyrs, un grand nombre d’évêques de France s’attache à constituer une forme d’ambassade du fait religieux en général. Noyant le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions qui laissent les âmes dans l’ignorance de l’amour du Christ, ils se fondent eux-mêmes dans un syndicat de défense des cultes. Ils n’hésitent plus à voler au secours de la burqa et semblent plus soucieux de fêter « un bon Ramadan » aux dignitaires de l’Islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles ».

Très habilement, Golias évite bien d’entrer dans le fond de la discussion, c’est-à-dire – nous en sommes bien d’accords – sur le scandale que représente le choix de certains évêques de favoriser la présence de religions non chrétiennes. Mais ce sujet, qui est un vrai sujet, n’intéresse pas Golias. Sur ce thème, sa religion, si je puis dire, est faite. Dans la plus pure tradition moderniste – il suffit de relire Pascendi (on trouve le texte de l'encyclique sur le site du Vatican) – le mauvais canard de la presse catholique salue souvent l’expérience religieuse des membres des autres religions ainsi que la part de vérité qui se trouve exprimée ainsi. Mais encore une fois, très habillement, Golias évite de se porter sur ce terrain – trop visible et déjà bien balisé.

Ce qui l’intéresse, c’est d’empêcher la réconciliation entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X. Comment empêcher cette réconciliation ? En agissant non pas directement sur Rome qui restera sourd à cette prose mais, bien au contraire, sur les évêques de France en notant une fois encore qu’ils seront bien agacés par un tel communiqué :

« En tout, le rabibochage avec la Fraternité St Pie X, voulu par Benoît XVI, devrait donner des nuits blanches à nos évêques de France...Le moins que l’on puisse dire est que la Fraternité, y compris ses éléments les moins durs - auxquels appartiendrait l’abbé de Cacqueray - n’entend rien concéder mais tout obtenir. »

Les évêques ne devraient cependant pas se faire d’illusion. Pour Golias, ils ne représentent qu’un levier, le seul encore capable d’agir sur Rome, en répercutant la voix de la gauche progressiste.

On pourrait se demander pourquoi une telle insistance de la part de Golias, une telle volonté d’empêcher ce qui devrait arriver, à savoir l’accord Rome-Ecône.

 

1°) Le point positif de cette affaire, c’est que la Fraternité Saint-Pie X représente aux yeux de Golias « quelque chose » comme on dit de manière familière. Ecône a un poids, un poids certain et important, qui pourrait être décisif en cas de basculement de la Fraternité vers Rome. Grâce à son correspondant romain, Golias sait que le motu proprio a déjà eu des effets importants. Il n’a pas simplement libéré la messe, il a délié les langues, et plus encore, les esprits. À Rome, des prélats non seulement célèbrent la messe selon le rite traditionnel – premier effet – mais commencent aussi à s’interroger publiquement, voire à remettre publiquement en cause tel ou tel aspect du concile. On imagine très bien le bénéfice que l’Église pourra retirer de la réconciliation Rome/Ecône, même si celle-ci se fait par étapes.

En tous les cas, Golias et certains sites sédévacantistes le savent, eux. Et ils se retrouvent dans une étrange alliance pour faire capoter le processus, les uns en agissant sur les membres de la Fraternité, les autres sur l’aile gauche de l’épiscopat français.

Une preuve ? Le 3 mars dernier, Golias a répercuté les propos d’un abbé philippin, ancien d’Ecône, et qui dénonce le rapprochement avec Rome. Au regard de ses positions, Golias devrait être scandalisé par les propos d’un prêtre niant que Joseph Ratzinger est pape et ce en raison de son attachement à Vatican II. Mais non ! le vilain canard de la presse catholique souligne au contraire :

 « Il faut bien reconnaître que d’une certaine manière cet étrange abbé philippin est soucieux de la cohérence logique de sa position. En tout cas beaucoup plus que ses ex-amis de la Fraternité Saint Pie X exaltant d’un côté l’autorité du Pape pour en mieux contester cependant les décisions les plus autorisées. »

Cette étrange alliance de Golias et des sédévacantistes souligne combien les uns et les autres craignent ce rapprochement : que Rome et partant toute l’Église subissent une véritable influence traditionnelle par le retour de la Fraternité Saint-Pie X. Quand on sait ce que fut le poids d’un homme – certes il s’agissait de dom Guéranger – dans le rétablissement de la liturgie romaine en France, on imagine le poids d’une institution comme la Fraternité.

2°) Mais il y a cependant un revers à tout cela. Le point négatif, c’est que Golias sait qu’il peut encore toucher certains évêques français, en les influençant via leurs prêtres dont certains ne sont pas insensibles aux sirènes progressistes. Dans le bras de fer qui est engagé, on aurait tort de croire que celui-ci se déroule entre Rome et Ecône. C’est bien entre la Fraternité et l’aile gauche de l’épiscopat qu’il a lieu. Golias appuie de tous son poids à gauche ; Rome, plus prudente, aimerait appuyer de tout son poids à droite. Malheureusement, la Fraternité, finalement peu sûre d’elle, vacille, un coup à droite, un coup à gauche.

Un exemple ? L’abbé du Chalard a tout fait – même au détriment du bien commun – pour récupérer la diffusion du livre de Mgr Gherardini sur le Concile Vatican II, livre intelligemment critique. La Fraternité a suivi… un temps. Le temps de s’apercevoir que l’ouvrage ne lui convenait pas entièrement. D’où une marche en arrière qui se manifeste par une mise en garde contre l’ouvrage et son enterrement de première classe. Au total, comme je l’ai annoncé ici – et j’aurais aimé me tromper – le livre qui n’avait rien à apporter au public de la Fraternité mais aurait pu être très utile au-delà est définitivement enterré. Si on peut dire que l’abbé du Chalard a mal joué, li faut aussi mettre en cause les Franciscains de l’Immaculée (les éditeurs du livre) qui n’ont pas été très clairs dans cette affaire.

Reste qu’avec une politique de balancier, la Fraternité va finir par manquer la chance historique qui se présente à elle quand sonnera l’heure d’un véritable retour de la Tradition. 

Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Enquête et analyse
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 09:44
J'ai parlé récemment de cet admirable curé de campagne que fut l'abbé Sulmont, fidèle à la messe traditionnelle, doté d'un humour décapant et qui sut maintenair l'intégralité de l'enseignement de la foi catholique dans sa paroisse. En guise de dernier hommage, voici plusieurs extraits de la messe de funérailles de l'abbé, messe qui a rassemblé des prêtres traditionnels et diocésains, ainsi que la foule des humbles fidèles.


Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : La video de la semaine
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 09:14
 
La question pourra sembler maladroite ou remplie de mauvaises intentions. Mais il est normal en même temps que le peuple chrétien interroge ses pasteurs quand il ne comprend pas ou plus leurs agissements. Pointant mon manque d'attention, la Porte latine (laquelle nous propose aussi un dossier sur les béatifications de Pie XII et de Jean-Paul II) me prie de répercuter le communiqué ci-dessous, ce que je fais bien volontiers. Je ne trouve pas anormal encore une fois d'interroger nos évêques, surtout quand la foi est en jeu. Et, elle l'est, en effet.
Je rêve aussi – car au fond il s'agit d'encourager la fidélité à la foi catholique, c'est bien cela le seul but, la seule raison, le seul objet de ce type d'intervention ? – de pouvoir répercuter tous les communiqués saluant chaque geste, chaque déclaration d'un évêque quand il remplit son rôle d'évêque. Il n'y en a pas tant que cela, direz-vous ! Raison de plus pour les saluer, cela ne coûtera ni trop d'encre, ni trop de salive.
Je rêve aussi de pouvoir annoncer que quatre évêques sont unis désormais complètement au pape, non pas parce qu'il serait parfait, non pas parce qu'il serait bon, non pas parce qu'il serait sans se tromper, mais tout simplement parce qu'il est le pape, afin que nous puissions redoubler de communiqués qui montrent que des évêques continuent, en union formelle avec le pape, de conforter le pauvre peuple chrétien dans la foi. Car, bien sûr, c'est l'esprit catholique qui nous guide et non l'esprit de division et de parti, cet esprit démocratique qui a tellement envahi l'Église qu'il se niche jusqu'au tréfonds de nos pensées, faisant de chacun de nous un petit juge de celui qui représente le Christ en terre, comme me l'a enseigné mon petit catéchisme. J'arrête ici, bien sûr, mon petit discours qui sera mal interprété de toute façon et je livre donc l'essentiel, le communiqué de Suresnes :


« Les évêques : gardiens de la Foi ou protecteurs prosélytes des autres cultes ?

Suresnes, le 4 mars 2010

Changement de contexte, ouverture au monde ou fin des condamnations, toutes les justifications les plus pauvres seront sans doute invoquées pour tuer la prudence qui doit animer un éminent gardien ou un digne surveillant. Car l’étymologie le prouve. L’évêque, en grec Eπίσκοπος, est celui « qui surveille », celui qui veille à ce que la Foi soit défendue à travers son diocèse, que les erreurs objectives ne s’y diffusent pas au détriment de la vérité révélée par Jésus Christ, Notre Seigneur, le Fils de Dieu. L’évêque est donc gardien de la Foi. Il doit veiller à ce que les âmes reçoivent la bonne parole de l’Évangile, celle qui fait dire au Christ : « Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » L’évêque est enfin successeur des apôtres. Il recueille l’héritage de ces martyrs qui ont versé leur sang pour avoir refusé de renier le Christ et d’embrasser les idoles par quelque geste de respect que ce soit.

Les milliers d’évêques que l’histoire de l’Église a donnés sont tous des hommes faillibles, dotés de défauts comme de qualités. Il y eut des héros comme il y eut des pusillanimes. Il y eut des Hilaire de Poitiers et des Bossuet. Il y eut des Cauchon et des Talleyrand. Mais jamais une nation si chrétienne autrefois n’avait vu un tel désarroi touchant de si près la Foi. Aujourd’hui, nos évêques se taisent quand le Christ est attaqué. À notre égard, ils maintiennent les églises fermées. Parallèlement, ils inaugurent des mosquées. Ils concélèbrent avec des pasteurs. Ils diplôment les imams et font prêcher les rabbins dans leurs cathédrales. En un mot, ils confortent les âmes dans leur éloignement au Christ et à l’Église qu’Il a fondée.

L’actualité récente s’avère particulièrement inquiétante. Délaissant leur rôle de « surveillant », de gardien de la Foi, de successeur des Apôtres et des martyrs, un grand nombre d’évêques de France s’attache à constituer une forme d’ambassade du fait religieux en général. Noyant le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions qui laissent les âmes dans l’ignorance de l’amour du Christ, ils se fondent eux-mêmes dans un syndicat de défense des cultes. Ils n’hésitent plus à voler au secours de la burqa et semblent plus soucieux de fêter « un bon Ramadan » aux dignitaires de l’Islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles :

- Le 25 janvier 2010, l’Institut catholique de Paris, fondé par les archevêques de Paris au XIXe siècle pour dispenser un enseignement conforme à la doctrine de l’Église, a décerné le diplôme « interculturalité, laïcité et religions » à plusieurs imams que l’Université républicaine refusait d’accueillir au nom de la laïcité. Ainsi l’ordinaire parisien couvre-t-il de son autorité la formation des aumôniers musulmans d’armées, de prisons, d’hôpitaux ou d’universités.

 

- Le 8 février, Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne, se rendait à la mosquée afin de s’excuser auprès des Musulmans pour ceux qui craignent l’avancée de l’Islam. À la suite de Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, ou de Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d’Amiens, qui avaient participé à la pose de la première pierre des grandes mosquées de leur ville, Mgr Lebrun a apporté son soutien à la communauté : « Des chrétiens ont du mal à comprendre la présence de lieux de culte musulman sur le territoire qu’ils considèrent comme le leur. Cette pensée n’est pas juste et, autant que cela m’est donné comme une grâce de Dieu, je veux en demander pardon. » De son côté, Mgr Étienne Uberall, vicaire épiscopal du diocèse de Strasbourg, indiquait récemment à la télévision régionale qu’il était favorable à l’enseignement de l’Islam dans les établissements scolaires de sa région.

 

- Le 14 mars prochain, le rabbin Rivon Krygier prononcera l’une des six conférences de carême sous la voûte de la cathédrale Notre-Dame, à l’invitation du cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois. Ainsi ce temps de pénitence qui est sensé conduire les âmes à suivre le Christ dans sa Passion et à les préparer à sa glorieuse Résurrection verra-t-il prêcher dans un haut lieu sacré un responsable d’une religion qui nie précisément la divinité du Fils de Dieu et le miracle de Pâques.

 

Ces quelques récents exemples sont en réalité symptomatiques d’une série de scandales trop nombreux pour être tous cités qui vont de la concélébration avec des femmes pasteurs jusqu’à la défense du port de la burqa. De l’impossibilité d’affirmer que la religion catholique est la seule qui a été fondée par Dieu, un indifférentisme s’est propagé jusque dans l’esprit des responsables pourtant sensés maintenir la Foi de ceux qui leur sont confiés. Ce faisant, ils encouragent la déchristianisation de la France sur le sol duquel les temples des autres cultes pullulent, annonçant toujours davantage l’oubli du Dieu de majesté.

Quel argument objectif, quel élément de la Foi pourrait justifier un tel revirement de situation qui, en lui-même, conduit à condamner toute l’histoire de l’Église des dix-neuf premiers siècles en la résumant aux légendes noires héritées de Voltaire selon lesquelles l’Église d’autrefois ne savait pas parler aux hommes, maniait l’épée ou la conversion forcée ?Comme nous devrions, à l’inverse de cette attitude empreinte d’ignorance, toujours mieux connaître ces belles et grandes figures missionnaires de l’Église, débordantes de l’amour divin, qui ont su respecter les hommes, mais détester leurs erreurs et, ce faisant, établir l’Église à travers le monde sur la charité et la vérité. En réalité, c’est bien une charité bancale qui accorde des concessions à des systèmes religieux dont la première caractéristique est l’ éloignement de Jésus-Christ et de son Eglise, où ils relèguent les âmes.

Il faut le reconnaître, sur le chemin de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, la situation de l’Église de France s’aggrave. Est-il possible de se taire, ou du moins de mettre entre parenthèses ce cri d’alerte, lorsque ce sont des milliers d’âmes qui sont plongées dans un indifférentisme mortel ? Ces accents sont-ils échangeables contre un confort canonique ? Samaritains que nous devrions être, resterons-nous indifférents en abandonnant les fidèles, ces nouveaux  mendiants agonisant de la complaisance épiscopale qu’elle aura sacrifiés sur le chemin du « dialogue » ?

 

Abbé Régis de CACQUERAY , Supérieur du District de France »

 

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