Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:21
Nous évoquions hier les récentes discussions doctrinales entre le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. À l'occasion de la première rencontre, j'avais présenté plusieurs des différents protagonistes, tant romains qu'“éconiens” (voir ICI, , , , , et . Pourtant ces portraits n'étaient pas complets. C'est pourquoi je présente aujourd'hui l'abbé Benoît de Jorna, membre de la Fraternité Saint-Pie X et de sa délégation pour les discussions doctrinales. Un grand merci à J.R.C. Comme il peut le constater, je ne l'ai pas oublié.


Image-1-copie-17.png Aîné de quatre fils, l’abbé Benoît de Jorna est né le 1er septembre 1951. Après avoir songé un temps à entrer à la Chartreuse, il est reçu au séminaire d’Ecône en octobre 1978 où il est ordonné prêtre le 29 juin 1984 par Mgr Lefebvre, lequel en son temps avait pensé devenir trappiste...

Il devient alors directeur de l’école Saint-Bernard que la Fraternité Saint-Pie X a installée à Paris et, trois ans plus tard, il rejoint le séminaire de Flavigny où il devient professeur. Il partagera alors son temps entre des enseignements en ce séminaire et à l’Institut Saint-Pie X à Paris ainsi qu’un apostolat assuré à Saint-Nicolas du Chardonnet.

Le 15 août 1994, il fut nommé supérieur du district de France, prenant la suite de l’abbé Paul Aulagnier, aujourd'hui membre de l'Institut du Bon-Pasteur et desservant de la paroisse de Rolleboise dans le diocèse de Versailles. Il apparaît proche du nouveau supérieur général, Mgr Fellay, et, à deux reprises, ses éditos dans Fideliter cèdent la place à des entretiens avec le jeune évêque.

Deux ans plus tard, il quitte la France et son poste de supérieur pour devenir directeur du séminaire d’Ecône, succédant ainsi à l’abbé Michel Simoulin. À ce poste, il détient le record de longévité puisqu’il est en place depuis treize ans. Ses mandats renouvelés ne furent pas sans difficulté puisque sa gestion du séminaire fut directement mise en cause à l’été 2004 par l'abbé Laguérie et les prêtres ayant ensuite fondé l’Institut du Bon Pasteur. Néanmoins, l’abbé Benoît de Jorna bénéficia tout au long de cette crise du soutien total de Mgr Fellay.

Ce prêtre réservé est, en privé, plutôt pince-sans-rire. Il est aussi généreux et très miséricordieux envers ses proches. En 1999, il posait devant les photographes après avoir sympathisé et fait un bras de fer avec le Père Guy Gilbert, le curé des « loubards » venu en visite à Écône. Plus récemment, lors du décès accidentel de trois séminaristes en montagne, il a fait preuve d’un réconfort paternel qui a marqué ses pensionnaires éprouvés.

Ce professeur de philosophie et de dogmatique, est un grand partisan de saint Thomas d’Aquin tout en étant un pourfendeur des philosophes modernes dans ses cours. Il a également travaillé à réfuter la thèse de Cassisiacum – mise en place par le Père Guérard des Lauriers.

Dans ses exposés, ce travailleur de l’ombre aime utiliser les analogies et les paraboles. En revanche, il a toujours un langage assez tranché à l’égard de Vatican II et de ses applications au point de parler de « nouvelle ecclésiologie ». Lors d'un symposium organisé par la Fraternité Saint-Pie X à Paris, il a apporté une importante contribution sur la réception du Concile, qui a été publiée.

Contrairement à une idée reçue, l’abbé de Jorna considère possibles les discussions doctrinales qui doivent prévaloir sur la simple diplomatie. En cela, on peut lui accorder un certain optimisme de longue date, tant il fut un partisan précoce – dès 2000 – de pourparlers que d’autres auraient jugées impossibles. Il n’est pas un adversaire résolu des accords. À propos de la romanité de Mgr Lefebvre, il écrivait : « Ses fils, ses disciples, ses successeurs n’ont pas un autre esprit : on nous arracherait plus facilement l’âme que l’amour de Rome. » Cette fois, c’est lui qui y est, pour discuter…

Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Enquête et analyse
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 08:36

Image-2-copie-5.png L’abbé Patrick de La Rocque est né le 20 novembre 1968. Entré au séminaire d’Écône en 1986, il a été ordonné prêtre, comme son ami et camarade de promotion, l’abbé Régis de Cacqueray – aujourd’hui supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X – le 29 juin 1992 par l’évêque brésilien Licinio Rangel de la Fraternité Saint-Jean-Marie-Vianney de Campos.

Il débute son ministère comme professeur de philosophie à l’école Sainte-Marie avant de rejoindre en 1994 le collège Saint-Joseph des Carmes dans l’Aude, aux côtés du même abbé de Cacqueray. Il parfait ensuite ses qualités d’intellectuel en formant les aspirants au sacerdoce au séminaire de Flavigny à partir de 1996. En 2002, il retrouve un ministère paroissial en devenant prieur à Toulouse puis, depuis 2008, à Nantes.

Parallèlement à ses activités pastorales, il assure plusieurs tâches que lui confie le district de France de la Fraternité Saint-Pie X, en particulier la direction de la publication de La Lettre à nos frères prêtres qui tisse des liens avec le clergé français, ou encore, au cours de l’année 2006, la conception du DVD qui permet d’apprendre à célébrer la messe traditionnelle.

D’une très grande productivité, ce théologien considéré par les médias comme le plus souple de l’équipe envoyée à Rome n’hésite pas à se retirer pour réfléchir durablement sur ses sujets. Il est en quelque sorte un contemplatif de la théologie de l’Église. Il a d’ailleurs travaillé à quelques synthèses publiées sous le nom de sa société religieuse comme De l'œcuménisme à l'apostasie silencieuse, vingt-cinq ans de pontificat en 2004, présenté à Rome par Mgr Fellay. Sur le site de La Porte latine, il a également publié, de manière récente, des comptes rendus sur le texte romain relatif aux limbes ou sur l’encyclique Spe Salvi.

Depuis plusieurs années, il a échangé des relations avec des prélats de la Curie sur les sujets épineux qui séparent le Saint-Siège et la Fraternité. Il a ainsi entretenu des contacts suivis avec le cardinal suisse Georges Cottier et le dominicain Charles Morerod, lequel est membre de la délégation romaine pour les discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X.

Le 9 janvier dernier, il est intervenu à Paris dans le cadre du congrès théologique de Si Si No No.


(Merci à JRC)



 

Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Enquête et analyse
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 07:27
Comme chaque semaine, nous présentons en ce lundi, notre video de la semaine. Cette fois-ci, il s'agit d'une video consacrée au chant grégorien, réalisée par l'association française d'Una Voce. IL s'agit d'une présentation du rôle et de la place de la chorale grégorienne par Philippe Bévillard, avec de beaux extraits de morceaux grégoriens.

 



Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : La video de la semaine
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 13:32

Le très intéressant blog Benoit-et-moi a proposé à ses lecteurs une réflexion amère du Père Scalese après les propos tenus par Mgr Fellay lors des prises de soutane le 2 février dernier à Flavigny. En voici un extrait. Pour lire l’intégralité de ces propos, on se reportera à la traduction française sur le blog Benoit-et-moi ou à la source d’origine :

« Il ne me semble cependant pas juste de mépriser plus que nécessaire la dimension humaine de l'Église et donc, dans ce cas, l'utilité des pourparlers en cours. Il semble un peu excessif d'en arriver à dire "Humainement, nous n'arriverons jamais à un accord; oui, humainement, nous ne parviendrons pas à un accord, de la façon dont nous voyons les choses aujourd'hui, humainement, cela ne sert à rien".

Si les négociations ne servent à rien, pourquoi les faire? Autant attendre, du point de vue Lefebvriste, que Rome se convertisse. N'oublions jamais que, dans le mystère de l'incarnation, l'humanité est assumée par le Verbe et devient un instrument de la divinité. Cela s'applique aussi au mystère de l'Eglise.

Mais ce qui m'a laissé le plus amer est ce que Mgr Fellay a dit à propos de la Messe: "On se demande parfois quels sont les points communs [entre la Messe réformés et la Messe traditionnelle, ndr] tellement c'est différent... Quand nous entendons aujourd'hui, même de Rome, que rien n'a changé, que c'est la même chose, on est un peu abasourdi. Quand on dit qu'il n'y a pas de différence entre les deux Messes, je voudrais qu'ils ouvrent les yeux, ce n'est pas difficile".

Je suis désolé, mais en insistant sur cette position, les lefebvristes rendent vraiment tout accord impossible. Mais à ce point, la responsabilité de l'échec de l'accord retombe entièrement sur eux; ils ne peuvent pas continuer à mettre la faute sur Rome.

Le problème n'est pas seulement la Messe, mais, plus généralement, l'interprétation de Vatican II. J'ai l'impression que les lefebvristes n'ont pas compris que la seule chance de rencontre réside dans "l'herméneutique de la continuité", énoncée par le Saint Père dans son discours à la Curie romaine du 22 Décembre 2005. Et ils ne se rendent pas compte que, de fait, ils sont dans l'esprit des progressistes, qui soutiennent l'"herméneutique de la discontinuité et de la rupture". Il est vrai que les extrêmes se touchent: ils pensent qu'ils sont sur des positions opposés, alors qu'en réalité, ils partagent la même vision. »
Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Informations
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 08:44

Peu de choses ont transpiré au sujet de la deuxième rencontre théologique entre les théologiens romains et ceux de la Fraternité Saint-Pie X s´est tenue le 18 janvier au Vatican, dans les bureaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Selon DICI qui rapporte des propos confiés à l’agence I-Media :  « Les deux parties ont commencé à approfondir les thèmes inscrits à l´agenda de ces discussions doctrinales ». Cette nouvelle réunion de travail n´a pas donné lieu à un communiqué de presse contrairement à la précédente qui s’était tenue le 26 octobre 2009. La prochaine rencontre aura lieu durant la deuxième quinzaine du mois de mars, a-t-on également confié à I.Media.

Toujours selon DICI : « lors du sermon qu’il a prononcé au cours des ordinations sacerdotales au séminaire de La Reja en Argentine, le 19 décembre dernier, Mgr Alfonso de Galarreta – qui dirige la délégation de la Fraternité Saint-Pie X – a dressé la liste des sujets à traiter dans les réunions à venir : “tous les thèmes que nous critiquons depuis 40 ans, spécialement la liberté religieuse, les libertés modernes, la liberté de conscience, la dignité de la personne humaine – comme on dit -, les droits de l´homme, le personnalisme, l´œcuménisme, le dialogue interreligieux, l´inculturation, la collégialité : cet égalitarisme, ce démocratisme et cette destruction de l’autorité qui s’est introduite dans l’Eglise ; ainsi que toutes les notions d´ecclésiologie qui ont totalement changé ce qu´est l’Eglise, cette question de l’auto-conscience de l’Eglise, l’Eglise-communion, l’Eglise sacrement, l’Eglise-Peuple de Dieu…, toutes ces notions nouvelles sur la relation entre l’Eglise et le monde. Ensuite la question de la messe, de la nouvelle messe, du nouveau missel, de la réforme liturgique…, et d´autres thèmes encore”  »
Par Christophe Saint-Placide - Publié dans : Informations
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